Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
:285 plus une plaintc, ne fit jamais cntendre un murmure, et, s'exagérant la perversité hu– maine, elle bannit des lors toute affection de son camr pour n'y laisser place qu'a des sen– timents de mépris ou de haine. Ma cousine, afin de s' étourdir, se répandit dans le monde; et, quoique privée de fortune et de beauté, son esprit fixait toujours autour d'elle un cercle d'adorateurs. Dona Carmen avait trop de dis– cernement pour ne pas pénétrer la cause des flatteries qui lui étaient adressées, et apprenait ainsi, dans le cours de ses coquetteries, a con– naitre le creur humain; plus elle avarn;ait dans cette connaissance, plus augmentait son mépris pour la race humaiüe. Sima cousine avait eu le moindre sentiment religieux, au lieu d'épier les vices des hommes dans le but d'en alimenter sa • haine, elle aurait cherché a découvrir leurs pen- chants au bien, et se füt efforcée a les rendre meil- leurs; mais Dieu n'entrait pas dans ses pensées, elle avait besoin de la société de ces memes hommes qu' elle méprisait, et leur prodiguait des flatteries pour en etre flattée a son tour. Au bou~ de dix ans de mariage, son mari, qui en avait trente alors, revint chez elle. 11 avait dissipé toute la fortune qu'ils possédaient
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