Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
283 n'ayant d'autre alternative que le mariage ou le cloitre, pour lequel elle ne se sentait aucune vocation, elle se décida a épouser le fils d'une sreur de mon pere; celui-ci avait demandé sa main, attiré par l'appat d'une riche dot. Mon cousin était un superbe homme, tres aimable; mais , joueur et libertin ,' il gaspilla sa fortune et celle de sa femme en débauches de toute espece. Dona Carmen, orgueilleuse et fiere, eut a souffrir toutes les tortures imaginables, pen– dant dix ans que dura cette union. Elle aimait son mari; et cet homme, qui ne vivait que par les sens, repoussait son amour avec brutalité, l'humiliait par sa conduite et l'outrageait par les motifs qu'il lui en donnait. A plusieurs re– prises, il la quitta pour vivre publiquement avec des maitresses : ces femmes venaient pas– ser sous les fenetres de dona Carmen, la regar– daient avec effronterie en lui ricanant l'insulte. Lorsque, dans les premiers temps de son ma– riage, la jeune femme essaya de faire entendre quelques plaintes, soit a la famille de son mari ou a des amis communs, on luí répondit qu'elle devait s'estimer heureuse d'avoir un bel homme pour mari, et qu'elle devait souffrir sa conduite sans se plaindre, ces personnes trouvant, dans •
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