Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

282 de tout le Pérou. Son pied est une miniatu re, un amour de pied, l'idéal qu'on reve et que je me plais encore a contempler. Qu'on imagine un pied long de six pouces seulement, étroit en proportion, d'une forme parfaite, le cou-de– pied bombé , la jambe fine , déliée dans le has, et, ce qui est extraordinaire, vu !'extreme mai– greur de dona Carmen , son pied et sa jambe sont gras et potelés. Ce joli petit pied, plein de grace et de physionomie, est toujours chaussé d'un beau has de soie rose , gris ou blanc avec un élégant soulier en satin de toutes couleurs. Dona Carmen porte ses robes tres courtes ; elle a raison , son pied est trop admirable pour qu'elle cache ce petit chef-d'reuvre de la nature: Elle est tres coquette, et se met avec gotlt; sa mise cependant est plus jeune ~ue son age ne le comporte. Ma cousine est d'un caractef'=l ires remal'– quable; elle n'a point rec;u d'éducation, mais s'en est donné elle-meme et comprend tout aveé une admirable intelligence. La pauvre femme perdit sa mere dans son enfance, et, des lors, le malheur commeJ](;a. pour elle. Élevée par 1me tante dure et altiere, sa' vie devint si mi– ~érable, que, voulant se soustraire au j_oug, e~

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