Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

281 e1les sortent pour rendre a leur tour les v1s1tes ·qu'elles ont re<;ues. Ma cousine Carmen , qui cst stricte pour les regles de l' étiquette , m'en instruisit avec exactitude, croyant que j'y atta– chais la meme importance, et que , sans rien omettre, j'allais m'y conformer; mais, dans cette circonstance , le joug de la coutume me parut lrop lourd; je pris sur moi de m'en af– franchir. Ma cousine, qui n'aimait pas plus qué moi a recevoir des visites , applaudit a la fa<;on leste dont je m'en dispensais, quoiqu'elle n'eut pas été capable d'une semblable hardiesse. A vant de poursuivre mon récit, il est nécessaire que je fasse connaitre au lecteur m¡1 cousine dona Carmen. C'est a regret que je me vois forcée, pour etre fidele a la vérité, de dire que ma pauvre cousine Carmen Pierola de Florez est d'une lai– deur qui va jusqu'a ]a difformité. Victime de la petite-vérole, cette affreuse maladie a exercé sur elle ses plus cruels ravages. E1le pouvait avoir alors de trente-huit a quarante ans. Mais Dieu n'a pas voulu que ses créatures les plus mal part~gées fussent entierement privées de charme. Ma cousine Carmen a le plus joli pir~, non senlernent d'Aréqnipa, mais peut-etre

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