Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

279 cavé, ou il faut, po11r lire, de la lumiere en plem rnidi ! Cette idée me faisait rougir de honte. Eh quoi ! m'écriais-je involontairement, est-il done dans ma destinée d'etre alliée a des personnes dont l'arne dure est inaccessible aux sentiments élevés? Puis apres je songeais a ma grand'mere, si noble en tont, si charitable ! a mon pauvre pére, qui avait tant de générosité ! au bon Em– manuel, a son excellente mere, et j'éprouvais une douce consolation a voir, dans cette famille, quelques individus que je pouvais avouer pour mes parents. Mes réflexions m'agitérent telle– ment, qu'il était presquejour quand je m'en– dormis. Le lendemain, ma cousine me dit que les prit1- cipales personnes de la ville viendraient me ren– dre visite, comme c'est l'usage, et qu'ilserait con– venable que je fussede bonne heure dans le salon. Souffrante et attristée, je n'étais guere disposée a recevoir tout ce monde, et, pour direla vérité tout entiere, une raison de coquetterie fut le motifdé– terminant de mon refus. Pendant la traverséedu. désert, l'ardeur du soleil, la poussiere et l'acreté du vent qui souflle de la mei· m'avaient brulé la figure et les mains. La pommade que je tenais de la bonté de madame Najarra commen4tait a dimi-

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