Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
218 fer garni de rideaux en mousseline blanche, une table en chene, quatre vieilles chaises, et, sur le plancher, un vieux tapis des Gobelins. Le so– leil ne pénetre jamais dans cette immense piece, qui ne ressemble pas mal, par sa forme, son ·at– mosphére et son obscurité; a un caveau souter– rain. L'examen des lieux ·que, dans ma famille, on me donnait pour appartement fit passer dans mon ame une profonde impression de tristesse. L'avarice de mon oncle, tout ce que j'en avais redouté s'offrit a ma pensée. Il est facile de ju– ger du maitre de la maison par la fa<;on d'agir ~ de ceuxqui le représentent. Si dona Carmen m'a– vait donné un tel gite en l'absence de mon oncle, e'est qu' elle était bien sure que lui-meme ne m'en eut pas assigné d'autre. Afin de ne me laisser aucun doute a cet égard, elle m'avait dit, en m'y conduisant, que ce logement, bien que peu con– venable, était cependant le seul disponible dans la maison P?ur recevoir les parents et les amis. Ce trait peint mon oncle. Chef d'une trés nom– breuse famille, en Í·apport, par ses hautes fonc– tions, son mérite personnel, avec tout ce que le pays renferme de plus distingué, don Pio, qui jouit d'une fortune colossale, ne peut offrir pour logement a ses parents et a ses amis qu'uné froide
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx