Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
274 ]'ordre me fit un long discours dans lequel il me parla des vertus de ma grand'mere et des magnifiques dons qu'elle avait faits au couvent. Pendant qu'il me débitait sa harangue, f eus le temps d'examiner tous les personnages qui rem– plissaient le salon : c'était une foule assez mé– langée. Toutefois, dans !'ensemble, les hommes, plus que les femmes , me parurent appartenir aux premieres classes de la société. Chacun me :fit son compliment en termes pompeux, accom– pagné d'offres de services, tellement exagérées, qu'aucune d'elles ne pouvait etre l'expression d'un sentiment vrai. ll en résultait qu'au be– soin, je ne devais pas compter sur eux pour la plus légere assistance, et que leur langage était tout simplement un hommage servile adressé a don Pio de Tristan , dans la personne de sa niece. Ma COl,!sine me dit qu'elle m'avait fait préparer un souper, et qu'on se mettrait a table lorsque j'en voudrais donner le signal. Je me sentais fatiguée, et, d'ailleurs, je ne me souciais pas d'etre plus longtemps le point de mire de tous ces curieux ; je priai done ma co.usine de me dispenser d'assister au souper et lui deman~ 6ai la permission de me retirer dans l' appar– temrnt qu'elle me destinait. Je vis que 1na
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