Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

271 M. Durand, se tenaitauprés de moi; et, soit <lans l'intention de me flatter ou p1utót de faire parler mesregretsen lesexcitant, il ne cessait de meré– péter, tout le long de la route, commel'intendant du marquis de Carabas : - cette ferme est a votre oncle le seúor don Pio de Tristan ; celle-ci a vos illustres cousins MM. de Goyeneche; cette terre appartient encore a votre oncle ; cette autre aussi, et toujours de meme jusqu'a Aré– quipa, sans que l'officieux M. Durand se lassat de me désigner ]es nombreuses propriétés de ma farnille. Quand le bon Emmanuel s' approchait de moi, il me disait avec tristesse : - Chere cousine, nos parents sont les rois du pays; au– cune famille en France , pas meme celle des Rohan et des Montmorency, n'a, par son nom ou sa fortune, autant d'influence, et pourtant nous sommes en république ! Ah ! leurs titres et leurs immenses richesses peuvent bien leur faire acquérir le pouvoir, mais non l'affection. Durs et petils comme des banquiers , ils sont . incapables de faire une action qui réponde au nom qu'ils portent. Pauvre enfant ! Quels sentiments généreux ! A la nob1esse de son ame mon creur avouait bien celui-la pour mon parent.

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