Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
me soutenir. Don Balthazar, cette fois, se dé– cida a me prendre en croupe; le chemin était meilleur, et nous n'avions qu'une demi-heure de route pour nous rendre a Congata. Enfin, nous y arrivames a deux heures de l'apres– midi. Congata n'est pas un village, car il ne se com– pose que de trois ou quatre maisons et <l'uue belle ferme qui serta la fois de poste, d'auberge et de lieu de rendez-vous aux voyageurs qui tra– versent le désert. Le propriétaire de cette maison est aussi le maitre del'établissement, et se nomme don Juan Najarra. Don Balthazar, en entrant dans la cour, lui annon~a qui j'étais, et l'ur– gence des secours que mon état réclamait. Le nom de mon oncle fut une puissante recomman– dation ; le seiior Najarra , sa femme et leurs nombreux serviteurs s·empresserent autour de moi avec une telle vivacité, qu'en moins de dix minutes on me servit un tres bon bouillon. J'eus les pieds déchaussés, lavés avec de l'eau tiede et du lait, ainsi que la figure et les bras, puis je fus portée dans la petite chapelle de la forme, ou l' on avait placé , pour moi , un lit a terre. Madame Najarra, aidée d ' une négresse, me déshabilla, me mit une chemise de batiste frai-
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