Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

257 gne ! Regardez Aréquipa, cotnme il est beau ! ... -Voyez, disaient MM. de la Fuente, la riviere de Congata ; voyez ces grands arbres, et dites– nous si en France vous avez de plus délicieuses campagnes 1 IJélas ! je faisais d'inutiles efforts pour ou– vrir les yeux; j'étais entierement tpuisée; je ne sentais pas l'air frais qui courait sur rnon front, je n'entendais plus que tres imparfai– tement la voix de mes compagnons; mes idées m'échappaient, et je ne tenais plus a la terre que par un fil qu'un rien pouvait, briser. Il nous restait encore de l'eau, on m'en la.va Je visage ; mes rnains et mes tempes furent frottées avec du rhum; on me fit sucer des oranges, et, plus que tout cela , le vent frais me rappela a la vie. Peu a peu, mes forces re– vinrent; je pus ouvrir les yeux; je regardai alors le riant vallon, et j'en ressentis une émo– tion si douce, que je pleurai; mais c'étaient des !armes de joie. Je me reposai la longtemps : cette vue fit renaitre l'espérance dans inon creur; mon énergie reparut; cependant rnon épuisement physique resta le meme. Je voulus me lever pour essayer de descendre cettc der– nierf' montagne, mais il me fut impossible de r. 17

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