Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

• ... 256 pour que rien ne manquat a son horreur. La tombe a été élevée a l'endroit meme ou le jeune hommc cst mort; on lit sur la pierre tumulaire sa déplorablc fin. Je me représentais .si vive- rnent les souffrances que ce malheureux avait d.u éprouver a se sentir expil'er en ce lieu, loin des siens ! mon imagination m'en grossissait tellement les douleurs; j'en étais si profondé- • " ment affectée, que j'appréhendai un instant de . mourir, moi aussi, a cette meme place. Ce mo- ment fut horrible! Je me rappelais ma pauvre filie et la suppliaís de me pardonner la mort qu~ j'étais venue chercher a quatre mille lieucs de mon pays. Je priais Dieu qu'il la prit sous sa protection ; je pardonnais a tous ceux qui m'avaicnt fa_it du mal, et je me résignais a quit- ter cette Yie. J'étais auéantie, fixée a la tombe, je ne pouvais plus bouger. Don Balthazar fut encore mon sauveur : il me porta sur ma mule, m'y attacha avec son poncho y m'y soutint de son bras vigoureux; et, pressant le pas des be- tes, il me fit arriver, cornrne par un tour de force, au sommet du dernier pie. On me coucha a terrc; mes trois compagnons me parlaient a la fois avf'c un acccnt de bonheur : - Chere de- moiselle, onvtn les yenx : voila la verte campa- V

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