Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
255 111ort e.le tleux de mes semblables. Le docteur lui-memc, malgré son froid égoi:sme, était ému : c'est que, dans ces <!pouvantables lieux, les memes dangers rnenaccnt toutes les créaturrs . Je ne pouvais quitter la place, tant mes rmo– tions me tenaient cnchainée a ce speclacle dé- chirant. Don Balthazar m'entraina en me fai - • sant des raisonnements philosophiques sur la mort. 11 faut avoir vu celle du désert pour con– naitre la plus affreuse de toutes. Ha! quelles pénibles sensatíons ignorent ceux qui n'en ont jamais été témoins ! En montant le dernier pie, j 'eus encore a soutenir une autre épreuve que la rnort, cetle divinité du désert, m'avait réservée. Une tombe, placée sur le bord du chemin de maniere a ce qu'on .ne puisse l'éviter, s'offrit ama vue. Don Balthazar voulait me faire passer vite; cepen– dant une curiosité que je ne pus mailriser me porta a lire l'inscription : c'est un jeune homme de vingt-huit ans, mort a cette place en allant a Aréquipa. Parti malade d'Islay, ou il était alié prendre les bains de mer, le malheureux ne put supportcr lf>s fatigues de la route : il mourut, et la plus grande <les douleurs, celle d'une mere qui pleure son Gls 1 s'est éternisée dans ce désert ..
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