Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
25ft, lm Je nous guide1·. Don Balthazar, jugeanl que, dans la posilion ou j'étais, je ne ponvais monter sur ma mule sans m'exposer au risque d'aller roulcr dans le précipice, me proposa de faire la deseente a pie<l; lui et son cousin me prirent sous les bras, me portant presque, et nous deseen– dimes ainsi, tandis que M. de Castellac tnenait les betes en laisse. Ce moyen nous ayant réussi, nous r employames pour tous les autres pies que nous eumes successivement a passer, et il s'en présenta encore sept ou huit. Si, la veille, la vue des cadavres des animaux morts dans ces arides solitudes avait fait sur moi une profonde impression, on peut juger combien, le jour suivant, ma sensibilité, accruc par l'irritabilité du systeme nerveux, dut etre affectée par le spectacle de victimes aux prises avec la mort du désert. Nous rencontrames deux malheureux animaux, un mulet et un anon qui, succombant sous la faim et la soif, se débattaient dans l'agonie d'une mort affreuse. Non, je ne saurais dire l'effet que cette seene produisit sur moi ! La vue de ces deux etres expirant dans des angoisses aussi horribles ; leurs sourds et faibles gémissements m'arrache– rent des sanglots comme si j'eusse assisté a la
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx