Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

2fl 1 frait a m<'S regal'ds sans que mon imaginaLion ne se représentat la crnelle agonie de l'etre qui avait animé ce squelette. Je voyais ces pauvrcs animaux, épuisés de fatigue, haletants de soif, mourir dans un état de rage. A cctte pein– ture eífroyable, la conversation de la nuit me revenait a l' esprit; et, alors, sentant ayee ter– reur combien j'étais faible pour soutenir cncore la fatigue d'une aussi rude journée, je frémissais a l'idée que peut-etre, moi aussi, j'allais etrc abandonnée dans ce dést>rt. .. Le soleil s'était levé, et la chaleur devcnait de plus en plus ardente. Le sable sur Iequel nous marchions s'échauífait, et des nuagrs d'une poussiere fine comme de la cendre venaient brulcr nos visages et dessécher nos palais. Vers huit heures, nous entrames dans les Queln·adas., montagnes renommées <lans le pays pat· les dif– ficultés qu'elles présentent aux voyageurs. En montant les pies sur lesquels passe la route, je me conchais sur ma mule, et j'allais a la rnerci de la Pro\'i<lence; en descendant, je ne pouvais faire de meme; et, quoique ma mulc eút le picd tres s1ir, les dangers que coutinuellemeut pré– sentail la roule me for~aicnl n amir la plus ~randc altPntion . No11s ,l\'ions a fain· l'ranrhir •

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