Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
21,4 d'herbe ne s'offre a sa ·vue. L'espérance ne peut nailre en lni , partout entouré d'une nature morte; une immcnsité, que ses efforts ne peu– vent franehir, le sépare de ses semblables ; et cet etre, si orguei\leux, reconnait, dans les an– goisses, qu'il ne peut rien ou Dieu n'a pas pourvu pour lui. J'invoquais done Dieu avee ferveur pour qu'il me vint en aiJe, et m'a– bandonnai a sa providenee. Je portais les yeux sur mes eompagnons de voyage : le doeteur était. morne, silencieux; don José, par les paroles qu'il lui adressait, mani– festait l'inquiétude que lui causait la lenteur <le not.re course; don Balthazar, se conGant dans sa force , et habitué a voyagcr dans le <lé– sert, paraissait seul n'en etre pas affecté. Vers midi, la chaleur devint si forte, que mon mal de tete redoubla au point que je ne pouvais plus me tenir a cheval. Le soleil et la réverbéra– tion du sable me brt1laient la figure, une soif ar– dente dcsséchait mon gosier; enfin, une lassilude générale, qne ma volonté ne pouvait plus vain– cre, faisait que je tombais comme morte. Deux. fois, je me trouvai mal a perdre connaissance. .\les trois compagnons de voyage étaient au désespoir; le docteur voulait me saigner : heu-
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