Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

un feu liqui<le; et, portant mes regar<ls vers lesCordillieres, j 'éprouvais le tourment de l'ange déchu, banni du cicl. - Don Balthazar, lui demandai-je avec effroi , est-ce du métal fondu dans lequel nous somrnes, et avons-nous longtemps a marcher dans cette mer de feu '? - Vous avez raison, mademoiselle; le sable est tellement brulant, qu'on peut bien le pren– dre pour du verre en fusion. - Mais, sefi.or , le sable est liquide'! -- Mademoiselle, c'est l'effet du mirage qui vous le fait paraitre ainsi ; regardez , nos rnules de charges s'y enfoncent actuellement jusqu'aux genoux : elles sont haletantes , le sable brule leurs pieds; et, néanmoins, cornme vous, elles croient voir dans l' éloignement une nappe d'eau. Voyez - les redoubler d'efforts pour atteindre cette onde fugitive, leu r soif ardente s'en irrite; les pauvres betes ne pourraient résister long– temps au supplice de cet;te déception. - Avons-nous de l'eau pour les •désaltérer. -- On ne leur en donne jamais en route; le propriétaire du tambo en fait provision pour les voyageurs qu'il sait devoir luí arriver. - Don 'Balthazar, malgré l'explicalion que

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