Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 2/d rhum. Notrc ropas fut long : je ne me lassais pas d'admirer. Aprés le diner, ce fut le tour du doctcur. Enfin il fallut repartir : nous avions trente-quatre lieues a parcourir sans rencontrer vestige d'eau; nous n'en avions fait que six, et il était dix heures. Don José me donna sa jurnerit, parce qu'elle allait mieux quema mule, et nous nous remi– mes en route. Le magnifique panorama dont j'avais l'ame remplie me tint quclc¡ue temps comme fascinée sous la puissance de son charme; mes seos étaient captifs, et il y avait pres d'une demi-heure que nous cheminions péniblement, sans que l'affreux désert dans lequel nous étions engagés eut encore produit sur moi aucune impression. La souffrance physique vint me ravir a rnon extase intellectuclle; tout a coup mes yeux s'ouvrirent, je me crus au milieu d'une mer lirripide et bleue comme le ciel qu'elle réíléchissait; j' en voyais les vagues onduler mollement; mais, a l'ardeur de fonrnaise .qui s'en élevait, a l'atmosphere étouffantP, dontj'étais environnée, a cette poussiere fine, impercep– tible et cuisante comrne le duvet de l'ortie qui se collait a ma figure, je pensai-s que, déc;ue par nne illnsion, je rnyais, sons l'aspect de l'eau, l. 16
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