Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

239 frappait tous mes sens de slupeur : mon ame en était pénétrée, et, comme a ce pasteur du mont Oreb, Dieu se manifestait a· moi dans toute sa puissance, dans toute sa splendeur. Puis mes regards se dirigeaient sur ces trois volcans d'A– réquipa unis a leur base, y présentant le chaos dans toute sa confusion, et portant aux nues leurs trois sommets couverts de neiges qui ré– fléchissent les rayons du soleil, et, parfois, les flammes de la terre , immense flambeau a trois J hranches qui s'allurne pour de mystérieuses so- lennités, symbole d'une trinité qui passe notre intelligence. . J'étais en extase et ne cherchais point a deviner les mysteres de la création : mon ame s'unissait a Dieu dans ses élans d'a– mour. Jamais aucun spectacle ne m'avait autant émue , ni les ondes du vaste Océan dans lem· épouvantable courroux, ou lorsqu'elles s'agitent étincelantes de clartés dans les nuits des tro– piques, ni le brillant coucher du soleil sous la ligne équinoxiale , ni la majesté d'un ciel res– plendissant d'innombrables étoiles , n'avaient produit sur moi un aussi puissant étonnement que cette sublime manifestation de Dieu. Ces messieurs ne nous avaient pas prévenus; ils avaient voulu jouir de l'effet que produirait

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