Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
mon mal de tete, tant ce vin est fort et capiteux. Enfin nous sortimes de ces gorges étouífantes dans lesquelles je n'ai jamais sentí le plus léger souffie du zéphyr, et ou un soleil ardent échauffe le sable comme dans une fournaise. Nous gra– vimes la derniére montagne ; arrivés a son som– met, l'immensité du désert, la chaine des Cor– dillieres et les trois gigantesques volcans d'A– réquipa se découvrirent a nos regards. A la vue de cemagnifique spectacle, je perdis le sentiment de mes souffrances; je ne vivais que pour ad– mirer, ou plutót ma -vie ne suffisait pas a mon admiration. Était-ce le céleste parvis qu'un pou– voir inconnu me faisait coutempler, et le divin séjour était-il au dela de cette digue de hautes montagnes qui unissent le ciel a la terre, au dela de cet océan de sable ondoyant dont elles arre– tent le progres? Mes yeux erraient sur ces flots argentés, les suivaient jusqu'a ce qu'ils les eus– sent vus se confondre avec la vo11te azurée, et se reportaient ensuite sur ces marchepieds des cieux, sur ces hautes montagnes dont la chaine est sans terme , dont les milliers de cimes cou– vertes de neige étincellent en reflets du soleil, et tracent sur le ciel la limite occidentale du dé– sert avec toutes les couleurs du prisme. L'infini .. •
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