Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
gucs, j 'ai toujours ressen ti les memes effets. Les <lcux jours que je venais de passer a Islay m'a– Yaient excessivement fatiguée : l'émotlon de me voir sur ce sol apres tant de peines pour l'at– teindre, la difficulté de m'exprimer dans une langue que je connaissais, mais que je n'étais pas dans l'habitude de parler, la multitude de visites qu'il m'avait fallu recevoir, les nuits fié– yrcuses causées par les maudites puces, la quan– tité de café que j'avais prise, tout cela avait surexcité en moi le systemc nerveux de la ma– niere la plus violen.te . Je crus d'abord que les pleurs que je versais me soulageraient; mais, bientót apres, j'éprou– vais un mal de tete excessif. La chaleur corn– ·men~ait a devenir extreme; la poussiére blanch3 et épaisse soulevée par les pieds de nos bétes venait encore accroitre ma souffrance. Il me fallait tous les efforts de mon courage pour me .soutenir sur ma mule. Don Balthazar maintenait ma force morale en m'assurant qu'une fois hors des gorges des montagnes, nous entrerions en rase campagne, ou nous trouverions un air pur et frais. J'ayais une soif dévorante; je buvais a chaque instant de l'eau avec du vin du pays; ce mélange, si salntaire ordinairement, redoubla
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