Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

235 de chasse en drap vert, si juste, si rapée, qu'on .craignait de la voir éclater sur lui. Sa tete était couverte d'une' calotte de soie noire , et , par dessus, d'un énorme chapeau de paille. A tout cela, il faut ajouter l'accompagnement des pa– niers , <les bouteilles sur le devant de sa mule ,. et, sur la croupe, des couvertures, des tapis , des foulards, des manteaux, en un mot, de tout le bataclan d'un homme qui, habitué a voyager dans le désert, craint de·manquer de tout. Quant a moi, j'ignorais ce que sont de tels voyages, et j'étais partie comme je le ferais de París pour aller a Orléans. J'avais des brodequins en coutil gris, un peif;noir en toile brune, un tablier de soie, dans la poche duquel étaient mon couteau et mon mouchoir; sur ma tete un petit chapeau en gros des In<les bleu : j'avais pris cependant mon manteau et deux foulards. Nous descendimes la montagne, dont le péril~ leux chemin nous mena ª· Guerrera , a une lieue d'Islay. La nous vimes des sources d'eau vive, des arbres et quelque peu de végétation. 11 y avait cinq ou six cabanes habitées par des mule– tier:;. Ces messieurs de la Fuente lierent conver– sation avec moi, et me pa rlerent de l'étonnement qu'avait produit mon arriYée, a laquelle on ne

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