Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

- 233 dans le pays, se nomme torche. Je m'arrangeai de mon mieux. Toutes les personnes, autour de nous, me disaient que je faisais une imprndence de partir aussi mal montéc; que, le voyage étant long et pénible, il valait mieux le retarder que le faire avec cette monture. Mais la jeunesse est confiant.e en elle-meme, et ses désirs accueillent rarement les délais. Je me reposais sur ma force morale, sur cette volonté qui ne m'ajamais lra– hie; je ne tins aucun compte des priéres du bon Justo ni de celles de sa femme et de sa fille, qui me répétaient qu'elles avaient failli succomber a la fatigue dans leur.del'nier voyage a Aréquipa. Je partís : c'était le 11 septembre 1833, a cinq heures du matin. Au commencement du voyage, je me trou– vais passablement sur ma mule. Le café que j'a– vais bu me donnait une force factice , je me sentais infatigable et trés satisfaite du parti que j'avais pris. A peine eumes-nous quitté la hauteur d'lslay pour nous enfoncer dans les montagnes, que nous fumes rejoints par deux cavaliers. Ils étaient cousins de l'administrateur de la douane d'Islay: l'un se nommait don Bal– thazar de la Fuente, et l'autre don José de la Fuente. Ces messieurs m'aborderent en me de- ., ,

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