Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

232 harnachée pour un si long voyage. J 'en fis faire l'observation au docteur, qui s'était chargé du soin de me la procurer, en le félicitant d'avoir été plus heureux dans Je choix de sa mule, cell~ qu'il montait étant aussi bonne que convenable– ment harnachée. Je regardais M. de Castellac, et pensais a M. David. Ah l qu'il a bien raison, me disais-je a moi-meme, voila comme sont les hommes ; tout pour eux ! le moi , rien que le moi. Si, alors, j'avais été initiée plus avant dans la connaissance du monde, j'aurais dit a ce bon docteur qui prenait tant d'intéret a moi : Docteur, je ne partirai pas que vous ne m'ayez trouvé une bonne mule et une selle commode. Il se füt procuré l'unc et l'autre, car il pen– sait que je ponrrais lui ctre utile. Mais il m'as– sura qu·ayant cherché par tout le pays, i1 n'avait pu découvrir rien de mieux. Je le crus : je n'au– rais jamais pu imaginer alors qu'un homme auquel on vient de rendre quelques services put si tót en perdre le souvenir, ou les considérat du meme reil dont l'industriel qui exploite la foule envisage les objets dont il s'est emparé. Don Justo me preta un tapis dont on couvrit le coussin rembourréen paille mis en guise de selle sur le dos de l'anim~l; cctte selle économique ,

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