Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 221 longtemps contre les vexations qu'il éprouvait, de toutes parts, avec une opiniatreté que je se– rais presque tentée <le dire admirable. A la fin, les haines devinrent tellement violentes, qu'il crut prudent de quitter un pays ou sa vie n'était plus en su.reté. 11 donna sa démission et revint a Aréquipa, ou il aurait pu vivre aussi bien et avec autant de luxe qu'un homme qui a deux cent mille livres de rente le P.eut faire en tout lieu de la terre; mais il avait été habitué au commandemen t, et, seules, les jouissances de la fortnne n'avaient plus de charme pour lui. 11 fallait qu'il füt entouré d'un brillant état– major ou d'une foule nombreuse d'ernployés; qu'enfin ractivité de son esprit füt engagée par ele grands intérets pour qu'il se sentit vivrc. Voulant tromper ce besoin, il se mit a voyager dans toutes ses sucreries , et fit batir une ma– gnifique rnaison de campagne : cependant au– cun de ces soins ne put le distraire de son am– bition. 11 intrigua dans J'ombre, et ses manreu– vres souterraines obtinrent tant de succes, qu'il ne s'en fallut que de cinq voix qu'il füt porté a ]a présidence du Pérou. Ses partisans, pour le dédommager de ce désappointement, le nom– merent préfet d'Aréquipa. Mon oncle adminis- ,I
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