Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

216 russe, et j1ai acquis la conviction quema bonne maman l'a ignorée aussi'. Je n'avais pas informé mon oncle de mon départ pour le Pérou ; et , n'ayant pas ·en le temps de l'en prévenir, il ignorait encore que je fusse arrivée. Telle était ma position envers lui; maintenant, je vais dire, en peu de mots, celle qu'il occupait dans le pays. · Don Pio de Trislan était revenu d'Europe, en 1803, avec le grade de colonel. 11 fit cette terrible guerre de l'in<lépendance dans laquelle les Péruviens mirent tant d'acharnement a con– quérir leur liberl~. Mon onde est un des plus habiles militaires que l'Espagne ait jamais en– voyés dans ces contrées. Quand les troupes du roi Ferdinand furent obligées d'é-racuer Buenos– Ayres et le territoire de la république Argen- , Mon oncle, peu de temps avant la mort de ma gra~d'mcre, lui lit faire un tcstament pa·r lequcl sa femme était avantagée de 20,000 piaslres, et dans lequel j'éta is comprise pour un legs de 3,ooo piastres. Ce testament est tres long, et ma b~m~e maman , qui avait en son fils don Pio une aveugle conGance, le signa sans en coonattre Ies dispositions. Je n 'y étais pas désignéc comme la Glle de don Mariano, mais par mon nom de Florita seulement, san~ qu'on pOt savoir aquel titre ce donm'étaitfait. Lors du partage de la succession, mon existence fut révéléc aux parties intéressées par 111 prélevement du legs. !\fon onde eut beaucoup de peine a faire comentir les parties a me donner cettc somme. On dem,,ndait: ce lllais pourquoi donne1 15,ooo fr. a une élrangere? - Parce qu'il ut présumahlc qu'elle e~t la filie de mon frére. "

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