Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

tine, c'est lui qui les commandait en sccon<l, sous les ordres de notre cousin, M. Emmanuel de Goyenéche, frere de M. Mariano de Goye– néche, dont j'ai déja parlé. M~n oncle était alors rnaréchal de camp. Ils effcctuérent leur retraite en se dirigeant sur le Haut-Pérou, tra– verserent l'immense distance qui sépare Buenos– Ayres de Lima, ayant fréquemment des com– bats a soutenir, des fleuves a passer, et parcou– rurent des pays sur iesquels aucune route n'est tracée. Ces magnifiques soldats du roi, ces gucr– riers couverts d'or, habitués a la vie molle des villes de l'Amérique espagnolc, eurent beau– coup a souffrir dans ces contrées sauvagcs. lls vécurent, durant ce prodigieux trajet, des vi– vres qu'ils obtenaient a la pointe de leurs ha10n– .uettes, des animaux sauvages qu'ils tuaient dans leurs chasses, et, enfin, des subsistances qu'ils trouvaient a acheter. Mon oncle m'.a souvent raconté que, dans ces occasions, u'ayant plus d'argent dans la caisse de l'arrnée, il faisait tirer au sort les cavaliers, qui, tous, avaient des -éperons en or massf., afin de déterminer les– quels d'entre eux donneraient un de lcurs épe– t'ons pour paycr les vivres. Un seul de ces sol– dats arnit plus <l'or qu'il n'en faudrait actuelle-

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