Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

209 vous en fasse découvrir les détails !... Votre ame, sensi– ble au souvenir d'un frere qui vous aimait comme son fils, souffrirait trop en mesurant la distance qui existe entre mon sort et celui qu'aurait du a\l'oir la fille de Mariano... , de ce frere qui , frappé comme d'un coup de foudre par une mort subite et prématurée (une apo– plexie foudroyante), n'a pu dire que ces mots : « Ma fille.... , Pio vous reste... » Malheureuse enfant !... « Cependánt ne croyez pas, Monsieur, que, quel que soit le résultat de ma lettre aupres de vous , les manes de mon pere puissent s'offenser de mes murmui•es, sa mé– moire me sera toujours chere et sacrée. « J'attends de vous justice et bonté. Je me confie a <,ous dans l'espoii- -d'un meilleur avenir. ie vous de– inande votre protectiou et vous prie de m'aimer comme la fille de votre frere Mariano a quelqúe droit de le ré– clamer. « Je snis votre tres humble et tres obéissante servante , « FLORA DE TRISTAN. » Ápres la lecture· de cette lettre, oh peut juger de ma sincérité, lorsque j'ai ~épeint mon igno– ran·ce entiere du monde, ma croyance a la pro– bité, cette crédule confiance de la bonne foi, qui suppose les autres bons etjustes comme on l'est soi-mem·e; crédule confiance dont mon oncle, celui qui avait fait profossion de tant d'amour r. 1li •

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