Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

208 il acheta une maison' a Vaugirard, pres Paris. Lorsqu'il mourut, l'ambassadeur, M. le prince de Masserano, s'empara de tous ses papiers. Vous avez d11 les recevoir par l'intermédiaire de l'ambassadeur d'Espagne, et avec eux le contrat d'acqnisition de ladite maison. « Mon pere avait payé en partie cette propriété; si on l'avait laissée a ma mere, cela l'aurait aidée a nous éle– ver, mon frere et moi; mais, dix mois apres la mort de mon pere, le domaine s'en empara comme bien appar– tenant a un Espagnol, a cause de la guerre qui existait alors entre les deux pays. Depuis, elle a été vendue et le domaine a entre les mains l'excédant des ro,ooo francs qui restait d11 sur le prix d'acquisition : toutefois ma mere paya 554 francs de droit de mutation au nom des héritiers, dont elle n'a jamais été remboursée. « Vous devez sentir, Monsieur, combien 1i1a pauvre mere a eu a souffrir, restant sans fortune, et chargée de deux enfants : mon frere a vécu dix années. Eh bien ! malgré l'état de détresse oú elle se trouvait, elle n'a pas voulu que la mémoire de celui qui avait été l'objet de ses plus tendres affections restat entachée. A cause <le la guerre , mon pere ne recevait rien depuis vingt mois et, par conséquent, était tres gené; a la sollicitation de ma mere, ma grand'mere preta a mon pere 2,800 francs, sans luí demander de recounaissance de cette somme, ce qui fit qu'a sa mort elle se trouva sans titre. Ma mere en a payé exactement les intérets a ma grand'mere, qui eu avait besoin pour vivre ; a la mort de celle-ci, elle rem– boursa le tiers de la sornme a sa sceur et l'autre tiers a son frere. « Je ne désire pas, monsieur, que l'aper,;u des mal– heurs <lont je vous ai bien faiblement esquissé les traits

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