Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

207 mere passa en Espagne avec une dame de ses parentes. Ces dames allerent s'établir a Bilbao; 111011 pere se lia avec elles , et de cette liaison naquit bientot entre lui et ma mere un amonr irrésistible qui les rendit nécessaires l'un a l'autre. Ces clames rentrerent en France en 1802; mon pere ne tarda pas a les y suivre. Comme militaire, votre frere avait besoin de la permission du roi pour se marier : ne voulant pas la demander (je respecte trop la mémoire de mon pere pour chercher a deviner quels purent etre ses motifs), il proposa a ma mere de s'unir a elle seulement par un mariage religieux (mariage qui n'a aucune valeur en France). Ma mere, qui sentait que désormais elle ne pourrait vivre sans lui, consentit a cette proposition. La bénédiction nuptiale leur fut don– née par un respectable ecclésiastique, M. Roncelin, qui connaissait ma mere depuis son enfance. Les époux v~n– rent vivre a Paris. «Ala mortde mon pere, M. Adam, de Bilbao, depuis député aux Cortes, et qui avait connu ma mere soit en Espagne ou en France, comme l'épouse légitime de don Mariano de 'fristan , lui envoya un acte notarié et signé de plus de dix personnes qui, toutes, atteslaient l'avoir connue sous le meme titre. « Vous savez qu'alors 111011 pere n'avait pour toute fortune que la rente de 6,000 francs, que son onde, l'ar– cbeveque de Grenade, lui avait laissée a titre d'ainé <le la famille des Tristan. 11 reyut aussi quelques sommes que vous lui envoyates; mais les plus considérables ont été perdues : 20,000 francs furent pris par les Anglais•, et 10,000 sauterent avec le vaisseau la Minerve. Néan– moins , grace a l' économie de ma mere , mon pere me– nait une vie fort honorable. Treize mois avant sa mort,

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