Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
I 206 M. Chabrié, j'écrivis a mon oncle Iá lettre sui– vante ou moi-meme, comme me l'a dit le pré– sident de la cour d'Aréquipa, et pour me servir de son expression , je me coupai la téte en quatre. A Monsieur Pío de Tri~tan. "Monsieur, « C'est la tille de votre frere, de ce Mariano chéri de vous, qui prend la liberté de vous écrire. Je me plais a croire que vous ignorez mon existence et que de plus de víngt lettres que ma mere vous a écrites, pendant dix ans , aucune ne vous est parvenue. Sans un der– nier malheur qui m'a réJ.uite au comble de l'infortune, jamais je ne me serais adressée a vous. J'ai trouvé une occasion st\re pour vous faire parvenir cette lettre, et j'ai l'espoir que vous n'y serez pas insensible. J'y joins mon extrait de bapteme; s'il vous restait quelques doutes, le célebre Bolívar, l'ami intime des auteurs de mes jours, pourra les éclaircir; il m'a vu élever par mon pere, dont il fréquentait habituellement la maison. Vous pourriez voir aussi son ami, connu par nous sous le nom de Ro– binson, ainsi que M. Bompland, que vous avez du con– naitre avant qu'il ne füt prisonnier au Paraguay. Je pourrais vous citer d'autres personnes; mais celles-ci suffisent. Je vais , avec laconisme, vous exposer les faits. " Pour se dérober aux horreurs de la révolution, ma
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