Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

r 205 ' ll est nécessaire, pour l'intelligence du lec– teur, que je le mette au cour-ant des relations qui existaient entre mon ancle et moi , et que je l'instruise également de la position de mon oncle relativement aux habitants du pays. On a vu, dans mon avant-propos, que le mariage de ma mere n'avait pas été régularisé en France, et que, par suite de ce défout de forme, j'étais considérée comrne enfant naturel. Jusqu·a l'age de quinze ans, j'avais ignoré cette absurde distinction sociale et ses monstrueuses conséquences ,j'adorais la mémoire de mon pere, j'espérais toujours dans la protection de rnon oncle Pío, dont ma mere, en me le faisant ai– mer, m'entretenait continuellement, quoiqu'elle ne le connut que par sa correspondance avec mon pere. J'avais lu et relu cette correspon– dance, monument extraordinaire ou l'amour fraternel se reproduit sous toutes les formes. J'avais quinze ans, lorsqu'a l'oceasion d'un ma– riage que je <lésirais contracter, ma mere me révéla la position dans laquelle me pla-;ait ma naissance. Ma fierté en fut tellement blessée que, dans le premier moment d'iad~nation, je re– niais mon oncle Pio et toute ma famille. En 1829, aprés une longue conversation sur le Pérou avec •

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