Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 196 M. Vanderwoort, je vis que j 'écais en mérne temps l'objet de son observation; mais je ne pouvais deviner quel effet je produisais sur lui : sa physionomie peu expressive ne laissait pas trahirs a pensée. J'arrive au docteur, M. Victor de Castellac. Pour la premiere fois de ma vie, peut- etre, je renconlrais en lui un homme que je ne pouvais réussir a classer. Ce docteur me d'it avoir trente– trois ans : je luí en aurais donné vingt aussi bien que quarante. 11 était Frarn;ais; et, s'il ne me l'eut <lit, je n'aurais pu distinguer a quelle na– tion il appartenait. Parlant franc;ais sans aucun accent de lQcalité, on ne pouvait discerner dans quelle province de France il était né, et son ton, ses manieres, ses habitudes, son costume, sa conversation n'indiquaient pas plus un pays qu'un autre, ne trahissaient aucune profession . Je m'aper<;us que le docteur m'examinait aussi avec une curiosité melée de surprise. Je ne sa– ,,ais, dans le moment, a quoi l'attribuer; plus lard, je vis que l'attention du public de Valpa– raiso dont, a mon insu, j'avais été l'objet, avait fait naitre au docteur l'envie de me connaitre. Je fus malade les deux premiers jours; mais ensuite je me trouvai mieux : mes forces physi-
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