Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

191 porl, les aLoie1hents des chiens, le chant du coq, ríen n'arri\'ait plus a mon oreille. Oh! mon Dieu! encore une fois je perdais terre : alors une dou– leur violente s'empara de mon creur; je repris 1~es sens, mais ce fut pour maudire ma des– tinée. Ce que j'avais souffert depuis mon en– fance, ma position actuelle, tout s'offrit simul– tanément a mes yeux. Ces souvenirs étaient si pleins de vie, que je ressentai~ ensemble les peines passées et les chagrins présents. Mon désespoir me faisait concevoir les plus funestes pensées. J'étais penchée sur la rampe du na– vire ; depuis quelques instants , je regardais fixement la maison du consul anglais, qui est située au sommet de la plus haute rnontagne de Valparaiso., et qui, par degrés, se perdait a l'horizon. Mes yeux, fa tigués, retornberent sur l'eau; j'éprouvais un <lésir étrange, une vive jouissance meme a l'idée de m'y plonger et d'engloutir avec moi, dans l'immensité de la rner, les chagrins que je trainais a ma suite. Je ne sais ce qui serait arrivé de ce désir qui , a chaque mornent, prenait plus de force, si le capitaine et un docteur, auxquels je n'avais pas encore parlé, n'étaient venus m'obliger a quit– ter ma place pour me con<lJJire en bas, dans ]a

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