Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
1HO dus a une femme et a la premiet'e des lois socia– les, la décence. Ce spectacle, qui donnait tant de vérité aux conseils de M. David, m'attristait profondément. J' éprouvais déja toutes les hor– reurs de l'isolement. M. David, s'en aper9ut, il s'effor9a de raffermir mon courage, de ranimer ma confianceenmoi-meme, et l'ancre étant levée, il me dit adieu. Je l'accompagnai sui· le pont, et, aprés l'avoir vu s'embarquer dans son canot, je m'assis snr l'arriere du batiment, ou je restai jusqu'a ce qu'on vint m'en arracher. Ce qui se passait en moi me serait difficile a décrire. Mon creur etait si gonflé par le chagrín, mes membres si fatigués, tout était tellement confus dans ma pauvre tete affaiblie, et moi si débile, que les bruits divers, les objets dispara– tes dont j'étais environnée me donnaient le plus étrange cauchemar, réalisaient pour moi le plus bizarre chaos, 11 y avait, ce jour-la, une grande fete en ville a l'occasion d'une revue de la garde nationale du Chili; j'en entendais les fanfares, je voyais tout le monde bien paré, j'y assistais, donnant le bras a Chabrié; mais peu a peu je vis Valparaiso s'éloigner; les vaisseaux de la rade ne paraissaient plus que des jouets d'en– fants, tant ils étaient devenus petits. Le bruit du
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