Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
18'2 Chabrié fut tellement surpris <le ceUe déter– mination subite, qu'~l ne put en croire mes pa– roles : il me les fit répéter plusieurs fois. 'Je calmai , son chagrín en lui montrant 4:ue nos intéréts communs l'exigeaient. Il me supplia d'attendre au moins deuxjours, afin d'avoir le temps de la réflexion. Je persuadai a M. David qu'il était urgent que je partisse sur-le-champ pour Aréquipa, et il m'ai<la a réconcilier Cha– brié avec cette procha~ne séparation. Des le moment ou ma résolution fut prise, je me sentis forte, dégagée de toute i~quiétud~, et j'éprou-: vai cette satisfaction intérieure qui fai~ tant de bien lorsqu'on a conscience d'u~e bonne action. Je me trouvais calme; je venais de triomphe1· du moi : la bonne voix avait prévalu. Affranchie entierement detoute préoccupation intérieure, je pus me livrer a mon role d'obser-::– vatrice : ce fut alors que je parcourus la ville dans tous les sens; pour dépeindre une ville, pour peu qu'elle soit importante, il faut y faire un séjour prolongé, converser avec toutes les classes de ses hahitants; voir les ca!l}pagnes qui l'alimentent; ce n'est pasen y passant seulement qu'on peut en apprécier les mreurs et usages, en connaitre la vie iniimc. Je ne suis restée que ,
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