Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
179 pire. David aussi me plaisait davantage, et la ,,ue de madame Aubrit, en rendant présente a ma pensée l'histoire de ses souffrances, dont elle me contait sans cesse de nouveaux détails, ra– himait en moi l'effroi que me causait la pers– pectite de l'isolement. D'ailleurs, j'avais la santé affa.iblie par de longues souffrances , le moral ahattu par la derniere perte que je venais de faire, par suite de laquelle je m'attendais a de riouveaux malheurs · dans ma famille. La réu– nion de toutes ces circonstances , trop forte pour moi, me faisa.it sentir un besoin impé– rieux d'affection et de repos. Par moments, j'étais prete a me jeter au cou de Chabrié, a lui avouer tout ce que je souffrais, a lui deman– der aide et protection, me sentant incapable de résister plus longtemps. Mais la crainte de lui causer du chagrín venait m'arréter; sa con– duite envers moi, pendant tout le voyage, ses cinq mois d'amour et de complaisance m'inspi– raient tant de reconnaissance, que je n'avais pas le courage de lui faire de la peine. Je ne sais ce qui serait arrivé et si /aurais eu la force d'obéir a mon devoir, sans l'occurren~e provi– 'dentiellequi me fit prendre une détermination. M. David venait tous les soirs chez moi : ma •
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