Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
118 avait fait a M. Chabrié, me fit prendre la résolution ld'etre son bon ange, de m'efforcer de réparer , p~r la puissance de mon affec– tion, le mal que cette femme lui avait fait; et, afin d'atteindre ce but, d'arracher· de son creur l'amour qu'il avait pour moi. Ceci était le point principal pour réussir, et en rneme temps le plus difficile de la tache que je m'imposais. Si je n'ai jamais reculé devant une entreprise , quelque pénible qu' elle fut, quand l' espoir de faire le bien en a été le mobile, je dois avouer, toutefois, que j'eus, pendant trois jours, une lutte pé:t;1ible a soutenir. La voix de rna cons– cience me disait : Quitte Chabrié; fais en sorte qu'il ne t'airne plus, ton amour 1ui causerait de cuisantes douleurs, tandis que la voix du moi., de l'intéret personnel, me répétait sans cesse : Si tu quittes Chabrié, si tu perds son amour, tu resteras seule; seule,sans affection, sans ami– tié, la vie sera pour toi un désert. Quand cette voix insidieuse siffiait ces paroles a mon oreille, je sentais une sueur froide sur tout mon corps ; il me semblait que j'avaís peur. , L'amitié de Chabrié m'était devenue plus né– cessaire, et le dévouement de son affection pre– uait sur moi, a chaque instant, un nouvel em-
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