Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• ·175 Quand on a eu. un chez soi, e'est difficilemei1t qu'on se décide a aller vivre, dans la dépen– dance, chez les autres; ccpendant madame Aubrit eut de suite recommencé a etre demoi– selle de magasin, si elle n'eut espéré mieux. Elle avait une tres jolie voix ; on lui conseilla de débuter sur un théatre , et elle débuta, en effet, aux. Variétés. Mais une jolie voix ne suffit pas pour réussir sur la scene; il faut, de plus, chanter avec méthode; et , quoique assez jeune pour appreudre la musique, elle ne pouvait, sans pain, se livrer a cctte étude, ayant a tra– vailler chaque jour pour subvenir a ses bes·oins. Elle traina ainsi deux ans sa pénible existence soit comme dame de compagnie, demoiselle de comptoir, ou travaillant dans sa chambre, cha– grine, découragée, malade et sans personne qui versat dans son creur quelques paroles de con– solation. Dans l'hótel garni ou elle demeurait, elle fit connaissance d'un jeune homme, auquel elle confia sa triste position : celui-ci, n'étant guere plus heureux qu'elle, lui proposa de par– tir avec lui pour l' Amérique du sud. La mal– heureuse, qui se sentait a hout, ne pouvant plus lutter contre la misere et la solitude, y con– sentit. Ce jeune homme était une connaissance
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