Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
170 impulsions de Dieu, principe d'amour dont elle émaue, et, dans sa liberté, a la conscience d'elle– meme el le pressentiment de sa destinée. Deux jours apres notre arrivée a Valparaiso , le beau trois-mats l' Élisabeth mita la voile pour France. En voyant les apprets de son départ, j'eus un vif désir de repartir sur ce navire, tant j'étais pénétrée de raccueil que mon oncle me ferait. La craintc d'affiiger Chabrié m'empecha de céder a ce désir. Ceue démarche rn'eut fait passer pour foLle aux yeux du monde; mais ce n'est pas cette considération qui m'arreta. Déja, a cette époque, j'avais coutm~e de suivre la voix de ma conscience : les affections de mon cceur pouvaient m'en détourner et non les raisonne– ments du monde. M. David vint me voir : il me parut réelle– ment peinJ du malheur qui m'était arrivé; j} me parla d'abord avec honté, mit ensuile en usage sa philosophie; puis, changeant le cours <le la conversation, il me <lit : - Savez-vous, chere demoiselle, qu'ici on parle heaucoup de vous depuis votre arrivée '? - Et a quel propos? - Ah ! parce que vous etes la niece de don Pío de Tristan, tres connu a Valparaiso par le
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