Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

167 s'était entierement séparée de mon corps. Deux etres habitaient en ~oi, un pour- la vie physi– que, répondant aux questions qu'on lui adres– saii, voyant les objets qui l'entouraient; et l'autre entierement spirituel, vivant de sa vie de visions, de souvenirs, de pressentiments. Le , soir, M. Chabrié entra dans ma chambre, vint s'asseoir aupres de moi, me prit la main, qu'il serra affectueusement dans la sienne, et pleura. Il éLait -de ces heureuses natu res, dont la dou– leur s'écoule avec les ]armes. - Mon Dieu, m~ dit-il apres un long silence, ch ere amie ! qne pourrais-je vous dire pour vous consoler? Je suis atterré ! Depuis ce matin, je n'ai pu réunir deux idées.. Je n 'ai pas osé venir, ma pauv1·e Flora : votre douleur est la, sur mon vieux creur, comme u~e {mere qui s'enfonce dansla vase par son propre poids. Quedevenir!. . . Au nom de mon amour, <lites-moi ce que je peux faire. Je regardai la mer avec un mouvement d'é– garement; j'aurais voulu que Chabrié m'y pré– cipitat. - Voulez-vous que je vous rarnene? ..• - Meramener !. •. Et dans quel pays '?... - Chere Flora, qu'avez-vous? Mon Dieu ,

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