Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

160. dontil est imbu. Flora, cetle penséeme fait mal; plus nous approchons de Valparaiso, plus je sens qu'elle brule mon cerveau. - Ah! Chabrié, cela est horrible! comme vous, je recule épouvantée devánt les suites que pourrait avoir notre union; dans mon ignorancc je n'y avais pas songé. Je cachai ma tete dans mes mains, effrayée des conséquences de mon mensonge !... - Mon amie, reprit M. Chabrié, ne vous laissez pas aller ainsi au chagrin. Sans doute notre position est facheuse; car, avec mon ca– ractere, je sens qu'une fois votre mari, le pre– mier faquin (et il n'en manque pas en Améri– que) qui se permettrait sur vous un mot ou un sourire équivoque aurait ma vie · ou moi la sienne. Mais, chére amie, ne pensons point a des malheurs de ce genre avant qu'ils ne nous frappent. D'ailleurs, peut-etre n'aurez-vous pas une piastre de toute cette grande fortune. Mon Dieu, je le souhaite de tout rnon creur ! J'étais restée anéantie. Paria dans mon pays, j'avais cru qu'en mettant entre la France et moi l'immensité des mers je pourrais ·recouvrer une ombre de liberté. lmpossible ! dans le Nouveau– Monde, j'étais encore Paria comme dans l'autre.

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