Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
159 • somme, vous pourrez payer vos factures et four– nir encore a David les moyens de recommencer ·sur nouveaux frais. - Je vous reconnais bien a cette générosité; mais, chére Flora, je vais vous faire connaitre le fond de mon creur : cette fortune que vous espérez, dont vous etes si digne de jouir, moi je .la redoute : je frémis a l'idée qu'elle peut vous échoir. - Eh! pourquoi done? bon ami ! - Chérie ! je vous le répete, vous ne connais- sez pas la turpitude des hommes, leur noire mé– chanceté et les absurdes préjugés qui gouver– nent le monde. - Mais, Chabrié, je ne comprends pas... - Écoutez, Flora, vous etes maintenant sans fortune; si je vous épouse, on dira bien dans le monde quej'ai fait une sottise, un coup de tete; mais ceux dont l'ame est noble et généreuse, m'approuvant, diront : il a bien fait d'épouser la femme qu'il aime; si, au contraire, je mema- 1·ie avec vous lorsque vous serez devenue riche, oh! alors tous répandront a _l'envi que l'intéret seul m'a guidé, que je n 'ai pas balancé a passer par dessus l' honneur; car, sous cemot honneur, le monde comprend aussi les absurdes préjugés
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx