Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
155 et ses affections, pouvait encore etre ruiné par les résultats de ce voyage. A chaque moment je demandais de quel coté souffiait le vent, et la réponsedu matelot, l'expression de M. Briet ou celle de M. David me pénétraient de la plus vive douleur . Je pus me convaincre, dans cette circonstance, jusqu'a quel <legré M. Chabrié portait ]a délica– tesse de ses sentiments. J'ai dit comment j'avais accepté son amour, autant pour ne pas le déses– pérer que pour m'assurer sa puissant~ protec– tion. Depuis ce moment il faisait sans cesse des projets bríllants d'espérance, persuadé qu'il était de trouver le bonheur dans notre union. J'éeou– tais d'abord ces plans de félicité sans songer a entrer dans leur réalisation; puis, graduelJe– ment, son amour me pénétra d'une telle admi– ration, que je me fis a- l'idée de l'épouser, en restant avec lui en Californie. J'entends des gens confortablement établis dans leur ménage, ou _ils vivent heureux et honorés, se récrier sur les conséquences de la bigamie, et appeler le mépris et la honte sur l'individu qui s'en rend coupa– _ble. Mais qui fait le crime, si ce n'est l'absurde loi qui établit l'indissolubilité du mariage? Sommes-nous done tous semblables daus nos,
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