Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
153 volaient de l'eau quand ils le pouvaient; le cui– sinier buvait celle qu'on lui donnait pour la cuisine, et· nous servait la soupe tellement épaisse, qu'on ne pouvait la manger. :Don José perdait sa philosophie ~ mesure que les petits cigaritos diminuaient. M. Miota n'avait plus rien a Jire : son impatience et son ennui étaient au comble. Chacun, en un mot, souffrait de la douleur qui lui était la plus sensible. Le vrai matelot, Leborgne, ne cessait de répéter que, tant qu'il restei;ait un cochon a bord, on aurait des vents contraires. MM. Chabrié et Briet étaient, comme ma– rins, horriblement fatigués de la longueur du voyage; mais la peine morale qu'ils en éprou– vaient surpassait de he.aucoup toute fatigue . Les trois associés ne pouvaient raisonnahlement es– pérer que les deux navires destinés pour le meme port, en compagnie desquels nous avions quitté la riviere de Bordeaux, eussent été contrariés dans leur voyage, comme nous l'avions été. lls concevaient les plus- vives inquiétudes pour la vente de leurs marchanclises , par la cert.itude de n'arriver a Valparaiso qu'apres que les deux concurrents auraient gorgé les magasins du pays de marchandises semblab] es a celles dont Je
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