Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

152 ciales, et pat· nosefforts pour en supporter l'en– nui. Nous célébrions le dimanche en mangeant, a diner, de ]a patisscrie, des conserves de fruits; en buvant du Champagne ou du Bordeaux. A l'issue de ce diner, M. Chabrié chantait soit des morceaux d'opéra ou des romances. Ces mes– sieurs élaient remplisd'attention, et me faisaient de fréquentes lectures. Quand M. Miota se por– tait bien, il venait lire dans ma cabane les au– teurs de l'école a laquel1e Íl appartenait, Vol– taire, Byron: M. David me lisait le Vo_yage du Jeune Anacharsis, Chateaubriand ou les fables de La Fontaine: M. Chabrié et moi nouslisions Lamartine, Víctor Hugo, Walte~ Scott et sur– tout Bernardin <le Saint-Pierre. En partant de Bordeaux on avait dit : dans qualrc-vingts ou quatre-vingt-dix jours nous serons a Valparaiso, et cependant M. Briet écri– vait sur le journal du bord : « Le cent vingtieme jour, en mauvais.e route; >i alors le décourage– ment commenc;a a se mettrc parmi nous; on craignit de manquer d'eau; tout le monde fut mis a la ration : un petit cadenas ferma le ton– neau en consommation, afin qu'on ne put y puiscr qu'en, préscnce de l'officier de quart. Cel~ fit naitre de continuelles disputes : les matelots

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx