Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
151 agités, je vinsse a ne plus contenir mon indigna– tion contre les lois qui, en ·France, régissent le mariage. J'appréhendais enfin de me trahir; cette crainte me mettait dans des transes per– pétuelles, me faisait comprimer l'élan de ma pensée, me tenait silencieuse, et je ne répondais que brievement aux interpellations. Mon tempérament sanguin augmentait !'em– barras de ma situation, et j'ai souvent regretté que notre volonté ne put s'exercer HU' l'ouie comme sur la voix. A la moindre parole, a l'in– flexion qui lui était dounée, a un regard meme, je rougissais a un tel point, quej'attirais l'atten– tion de tous ces messieurs. J'étais au supplice, je craignais quema pensée intime ne se fut dé– voilée ou ne füt mal interprétée. M. .Chabrié, seul, comprenait parfois ces rougeurs subites : il faisait tout ce qu'il pouvait pour me les éviter; mais la malice et les taquineries de M. David, la franchise sans frein de M. Briet, les questions un peu indiscretes <le M. Miota, tout cela me torturait de la maniere la plus pénible. Je viens d'exposer la vie que nous passions SUl' le Mexicain; cette vie de bord, ordinairement d'une si fatigante monotoriie, était variée par la diversité de nos caracteres, de nos positions so-
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx