Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
150 coucheurs, et pas plus francs que les Pari– siens. Ces discussions sur Lorient et Paris étaient interminables entre M. Chabrié et son ami. M. Briet y restait indifféren't; il n'aimait pas le séjour des petites villes et son projet était de se retirer a la campagne. Quant a :moi, je me melais rarement aux conversations générales : ma posi– tion m'obligeait a une réserve de tous les ins– tants et je ne me doutais guere, en partant , de la tache pénible que je m'imposais en prenant le titre de demoiselle. En effet, il me fallait oub)ier tout mon passé, mes huit ans de mariage, I1exis– tence de mes enfants, enfin le róle de dame qui est tout a fait différent de celui de demoiselle. Ayant ufle extreme franchise, beaucoup de na'iveté; souvent entrainée, par la chaleur de l'imagination, dans nrie conversation animée; parlant alors avec une telle vitesse, que je laisse échapper ma pensée a mesure qu'elle nait et n'en vois le sens complet qu'apres l'avoir exprimée ,. je redoutais cette vivacité de mon organisation et n'osais parler . J e craignais qu'oubliant ma position je ne parlasse , par mégarde, de ma filie; qu'amenée par les écarts imprévus de con– versations dans lesquelles tous les sujets étaient
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx