Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

12.2 donl l'aprelé el la r11desse envenim.aienl les moin– dres paroles. M. David avait la grossiere et burlesque habi– tude d'entasser toujours quatre ou cinq jure– ments ou épithetes lorsqu'il s'exprimait sur les choses, ou qu'il adressait la parole aux gens qui faisaient le service. II ne parlait non plus des Péruvien~ qu'avec des k.yrielles de ter– mes injurieux. M. Miota, qui s'en irritait, ne trouvait d'autre moyen des'en venger que d'exci– ter a son tour la mauvaise humeur des trois Espagnols en leur traduisant les locutions de M. David que, probab1ement, il amplifiai t encore. La vie de bord est antipathique a notre na– ture : a~ tourment perpétuel des secousses plus ou moins violentes du roulis, a la privation d 'exercice, de vivres frais, a la continuité de ces souffrances qui aigrissent les humeurs et ren<lent irascibles les caracteres 'les plus doux, il faut joindre le cruel supplice de vivre dans une petite chamhre de dix a douze pieds, en vis-a-vis avec sept ou huit personnes, qu'on voit le soir, le matin, la nuit, a tout instant. C'est une torture qu'i] faut avoir éprouvée pour la bien comprendre . 1\1. David se levait de tres grand matin, afin

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx