Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
117 quelqu'un qui a des mouvements convulsifs; tout en lui annorn;ait une douleur profonde. En le voyant ainsi en proie au chagrin, je pensais a ce que m'avait dit la veille M. David : Les hommes n'aiment les femmes que d'a– mour. C' est ainsi que sont les hommes, me dis-je en soupirant : ils dédaignenJ l'amitié des femmes, n'en veulent que de l'amour et les accu– sent de duplicité lorsqu' eux-memes les con– vient a les tromper. Les femmes n'exer~ant au– cun des emplois de la société, n'ayant meme pour·elles qu'un tres petit nombre de professions, ont, plus que les hommes, besoin de rapports d'amitié. Mais qu'une femme aimante soit dans la nécessité d'implorer du dévouement, l'homme auquel elle s'adresse en exige de l'amour, et sans s'inquiéter si- elle. peut- ou veut lui en don_ner, il met a ce prix les services de son amitié. A pres etre resté longtemps absorbé dans ses pensées, M. Chabrié en sortit tout a coup par un mouvcment brusque; son expression était hautaine , son sourire sardonique, sa vo1x a1gre. - Ainsi, mademoiselle, me dit-il, vous ne m'aimez pas '? •.• En effet, je con~ois que l'amour d'un vieux loup de mer comme moi doit vous
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