Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

-116 avec son atnour, la puissante protection qu'il m'offrait. L'instinct de leur propre conservation a été donné par Dieu a toutes ses créatures, et quand la vie est en péril, il est permis, je crois, · d'user, pour la défendre, des moyens que la Providence laisse a notre portée. J' eus peur de l'abandon; de la protection d'autrui pouvait dépendre mes jours, et je me cramponnais a l'amour de M. Chabríé comme le naufragé a la planche qui surnage. D'ailleurs j'espérais pouvoir faire comprendre a M. Chabrié que mon amitié lui serait aussi douce que l'amour des autres femmes. Ce n'était pas orgueil de ma part; j'étais de bonne foi, mais je me trompais enlierement. Quand je me retrouvai scule avec M. Chabrié, il me demanda ce que j' a vais décidé sur son sort. - J'ai décidé, lui <lis-je, que vous serez toute rna vie rnon ami, mon bien bon ami, que j'aimerai tendrement. - Et rien de plus! ... me demanda-t-il d'une voix émue. Ah! que je suis malheureux ! continua-t-il en laissant tomber sa tete dans ses mains . Je restai longtemps a le considérer : les veines de son front se gonflaient; il tressaillait comme

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